Le rituel funéraire – Quand les défunts portaient des pantoufles

Au Québec, les rites funéraires ont grandement évolué durant le dernier siècle. Autrefois, on suivait des étapes bien précises avant et après le décès d’une personne.

D’abord, jusqu’à la fin des années 40, l’exposition du défunt se déroulait toujours à la résidence familiale. Le silence était alors de mise lors de l’exposition et même la musique et le chant étaient régulièrement proscrits durant les mois suivant l’exposition dans la maison. Il était aussi coutume de placer une serviette sous le menton du défunt afin que la bouche demeure fermée ainsi que des pièces de monnaie sur les paupières. De plus, dans plusieurs régions du Québec, on préférait chausser le défunt de pantoufles, car les souliers devaient faire trop de bruit au paradis.

Bien que ce type de rituel à la maison s’est prolongé jusque dans les années 70, l’exposition dans les résidences funéraires spécialisées a réellement débuté durant les années 60. Les gens de la ville avaient alors moins de place pour procéder à une exposition à la résidence. Bien que les rituels ont changé, il en demeure qu’ils sont encore bien présents aujourd’hui. Or, dans la société actuelle, toutes les familles n’ont pas les mêmes croyances et les mêmes rites funéraires. Il est alors du devoir des entreprises funéraires d’accompagner ceux-ci dans leur souhait d’exposer à leur image le défunt.

Selon Josée Jacques, psychologue, peu importe les rituels funéraires, l’exposition du corps est bénéfique pour le processus de deuil. En effet, lorsque les endeuillés ont la possibilité de voir le défunt dans une salle d’exposition, la procession du deuil est facilitée pour plusieurs raisons. D’une part, la réalité devient alors plus évidente et facilite le détachement ultérieur. La perte d’un être devient concrète dans la conscience des gens. De plus, l’expression des émotions que la vue du défunt apporte aide à traverser le deuil en toute sérénité. L’exposition permet aussi de recevoir des messages d’amour et de sympathies des proches, ce qui permet d’alimenter le sentiment de solidarité et d’atténuer celui de solitude. Les adieux prononcés par les proches sont présentés de façon formelle et tendent à mettre un point à une histoire. Et finalement, les souvenirs racontés lors de l’exposition par les proches du défunt permettent d’adoucir la tristesse de sa perte et ainsi imprimer peu à peu une image positive. L’exposition du défunt est donc incontestablement un rituel positif pour le bon déroulement du deuil.

Lorsque l’exposition n’est pas possible, il est tout de même recommandé de créer un rituel permettant d’accomplir les mêmes objectifs. Il est possible de substituer l’exposition par un montage photo ou vidéo et par la présence de souvenirs de toutes sortes. De plus, dans la majorité des cas, les croyances et les valeurs de la famille déterminent le type de rituel et de célébration à organiser.

En résumé, l’objectif de cet évènement demeure avant tout la symbolisation de la fin d’une vie et d’une histoire, afin de permettre aux proches de tourner la page et de continuer d’avancer sans regret. Votre résidence funéraire demeure votre meilleur conseiller afin de trouver un rituel, des gestes, une célébration qui représenteront bien l’identité et les valeurs de votre famille.

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