Métier de thanatologue : maquiller la mort

Souvent associé à la morbidité, le métier de thanatologue tantôt rebute, tantôt intrigue. S’inscrivant au cœur d’un sujet très tabou dans notre société, la mort, cette profession demeure méconnue et incomprise. Le cliché de l’homme lugubre vêtu de noir qui parle aux cadavres hante encore l’imaginaire collectif.

Pourtant hommes et femme thanatologues sont plutôt des gens empathiques et soucieux du bien-être des endeuillés. Nous aurions donc tort de les qualifier de croque-morts ! Planification, organisation et direction des rites funéraires font aussi partie de son quotidien, tout comme la manipulation, la conservation et la présentation des défunts.

Accompagner les endeuillés

Contrairement à la croyance populaire, le travail d’un thanatologue ne se résume pas à préparer les corps à l’exposition. Lors d’un décès, il prend en charge les familles et s’occupe d’elles du début à la fin : accueil, conseil quant aux dispositions funéraires et aux choix de la sépulture, transport des dépouilles, organisation et direction des rites funéraires, et oui, bien sûr, embaumement font partie de ses tâches.

Bref, le rôle d’un thanatologue consiste d’abord et avant tout à intervenir auprès de personnes vivantes pour les aider à vivre sainement leur deuil. Pour pratiquer ce métier, l’empathie et le respect s’avèrent donc des qualités essentielles. Savoir décrocher à la fin de la journée aussi… Parce que la peine des gens pèse parfois lourd.

Redonner dignité au corps du défunt

Redonner beauté et dignité au corps des défunts et offrir aux proches la possibilité de voir une dernière fois l’être aimé : voilà l’objectif de l’embaumement.

La thanatopraxie, première étape de l’embaumement, consister à arrêter la dégradation du corps. Le thanatologue prépare d’abord le corps : il le désinfecte, le lave et le rase. Ensuite, avec une pompe à injection, il envoie du formaldéhyde, un fluide préservateur, par l’artère carotide alors que le sang sort par la jugulaire. Puis, à l’aide d’un hydraspirateur, urine, matières fécales et contenu de l’estomac sont éliminés. Les organes internes sont quant à eux préservés, sauf si un coroner les a retirés pour autopsie.

Une fois les yeux et la bouche du défunt fermés, viennent les soins esthétiques : une cire permet de remodeler le visage, des produits spéciaux redonnent une apparence souple à la peau et des crèmes hydratantes colorées empêchent son dessèchement. Pour effacer les traces d’une longue maladie ou d’un accident grave, plus de minutie et de délicatesse sont requises. La mise en plis des cheveux est habituellement laissée aux soins d’une coiffeuse. Malheureusement, malgré beaucoup de bonne volonté, certains corps ne peuvent jamais être montrés à la famille en raison de leur état.

Finalement, le thanatologue habille le corps et procède à la mise en cercueil. Le défunt est alors prêt pour sa dernière rencontre avec les siens.

Le thanatologue est la dernière personne à s’occuper du défunt et il en prend donc soin avec le plus grand respect, car il sait que cette personne était aimée.

Exercer le métier de thanatologue

Depuis 1980, le Collège de Rosemont est le seul établissement public d’enseignement québécois autorisé à offrir le programme d’étude en thanatologie.

Ce programme permet à l’étudiant ou à l’étudiante d’acquérir les connaissances et de développer les habiletés en sciences, en relations humaines, en administration et en techniques disciplinaires requises dans l’exercice de sa future profession. Le corps professoral est formé de thanatologues dynamiques impliqués dans leur milieu et possédant une expérience de travail pertinente.

0