Incinération : mythes et réalités

Plusieurs corps sont-ils incinérés en même temps ? Les os sont-ils broyés après la crémation ? Est-il interdit de disperser les cendres ? Voilà toutes des questions fréquentes entourant l’incinération. Afin de faire taire plusieurs fausses croyances et de briser les tabous, plusieurs mythes encourant cette pratique seront démystifiés dans cet article.

Comment se déroule une crémation ?

Après avoir fait quelques vérifications obligatoires, comme s’assurer d’avoir la bonne dépouille, le préposé au four crématoire place le corps de la personne décédée mise dans son cercueil ou son contenant dans une chambre de crémation où la température est portée plus de 1000 degrés Celsius. Une fois les matières organiques consommées par la chaleur, près de deux heures sont nécessaires pour laisser refroidir les restes incinérés. Ces derniers sont ensuite soigneusement retirés de la chambre et transformés en particules fines avant d’être placés dans le conteneur ou l’urne choisie par les proches.

Incinération : 10 mythes et réalités

Avoir un cercueil pour l’incinération est obligatoire : MYTHE

Le défunt ne doit pas obligatoirement être placé dans un cercueil pour l’incinération. Toutefois, pour des raisons d’hygiène, pour faciliter les déplacements et par respect pour le défunt et le personnel du crématorium, la crémation nécessite que le corps soit incinéré dans un contenant fermé, rigide et fait de matériaux combustibles. Une grande variété de matériaux allant du simple carton au chêne est disponible. Bien sûr, les prix varient en fonction du matériau choisi, et les contenants en carton coûtent une fraction du prix d’un cercueil traditionnel. Le choix dépend donc de vos préférences personnelles et de votre budget.

Si le cercueil a été acheté, ses poignées en métal seront retirées, puis il brûlera avec le corps. Si le cercueil a été loué, le corps sera transféré dans un contenant d’incinération de carton ou de bois pour l’incinération.

Embaumer le corps avant une crémation est possible : RÉALITÉ

Si la famille désire exposer le corps à cercueil ouvert lors de la cérémonie, si le défunt doit être transporté par avion ou par un autre moyen de transport ou si le délai avant l’incinération l’exige, il est tout à fait possible d’embaumer le corps avant la crémation.

Le corps ne nécessite aucune préparation avant la crémation : MYTHE

Les stimulateurs cardiaques et les autres appareils médicaux doivent être retirés avant la crémation afin d’éviter leur explosion lors de leur exposition à la chaleur intense. Aussi, comme tous les souvenirs, tels que les bijoux, seront détruits lors de l’incinération, tout ce que les proches désirent conserver doit être retiré du cercueil au préalable.

Plusieurs corps sont incinérés en même temps : MYTHE

Comme exigé par la loi, les crémations sont toutes faites individuellement. De plus, la chambre de crémation est conçue pour ne recevoir qu’un cercueil à la fois.

Les os sont broyés après la crémation : RÉALITÉ

Lors de la crémation, l’exposition du corps à la chaleur intense pendant plusieurs heures ne laisse comme reste que des fragments d’os. Ceux-ci sont ensuite broyés afin d’obtenir une fine poudre. Le cercueil (ou le contenant), les vêtements, la peau et les muscles, quant à eux, se consument totalement pendant le processus de crémation. Les cendres sont donc en fait des fragments d’os.

Assister à l’incinération est possible : RÉALITÉ

Si les proches le désirent, il leur est possible d’assister à la « mise à feu », c’est-à-dire l’entrée du corps dans le four crématoire, ou même, à tout le processus. La Résidence funéraire Steve L. Elkas dispose d’ailleurs d’un crématorium, un lieu unique afin de permettre aux familles d’assister à l’incinération et d’effectuer une célébration personnalisée avant ce rituel.

Apporter sa propre urne est possible : RÉALITÉ

Apporter sa propre urne pour conserver les cendres est possible, mais il vaut mieux en discuter avec le directeur de funérailles.

Disperser les cendres est interdit : MYTHE

Ce mythe est très répandu, mais sachez qu’aucune loi n’interdit aux proches de disposer des cendres d’un défunt à leur guise. En effet, le 17 février 2016, le gouvernement québécois a adopté et sanctionné la loi 66 sur les activités funéraires. Aucune restriction quant à la disposition des cendres humaines n’est prévue dans celle-ci, outre qu’il est interdit de les disperser « à un endroit où elles pourraient constituer une nuisance ou d’une manière qui ne respecte pas la dignité d’une personne décédée ». Bref, vous pouvez disperser les cendres aux quatre vents, les verser dans une rivière, les enterrer dans le jardin, les garder à la maison. Cette décision vous revient.

L’incinération est toujours moins chère que l’inhumation : MYTHE

En fait, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Si un défunt est embaumé, exposé puis transporté à l’église avant son incinération, il n’y a aucune économie par rapport à une inhumation. Par contre, s’il n’y a ni embaumement, ni exposition, ni transport avant la crémation, là, des économies seront réalisées. Toutefois, pour le même prix ou presque, il est possible d’organiser un simple service avant d’être inhumé, sans embaumement ou exposition. Bref, parfois, une incinération coute en effet moins cher qu’une inhumation, parfois non.

Aucun délai minimal obligatoire n’est prévu entre le décès et la crémation : MYTHE

Irréversible, la crémation élimine toute possibilité de déterminer la cause exacte du décès. La loi exige donc qu’un délai de six heures sépare la confirmation du décès par les autorités médicales et la crémation.

0